Introduction

 
 

Le Goût de l’Orient constitue un hommage aux savants et collectionneurs d’Aix-en-Provence et de ses alentours, qui, depuis Nicolas Fabri de Peiresc à l’époque de Louis XIII jusqu’à Arsène Roux au Maroc au début du XXe siècle, ont essayé de comprendre les sociétés et l’histoire du monde méditerranéen, en s’appuyant sur les objets et le matériau des langues très diverses parlées dans ce vaste monde.

Ces savants ont fait venir auprès d’eux des objets et documents archéologiques et culturels du bassin méditerranéen, comme Peiresc et Fauris de Saint-Vincens à Aix-en-Provence, pour comprendre le monde à partir de fragments, constituant des collections qui servirent de support d’étude. Les réseaux de savants, depuis l’humaniste de la Renaissance Guillaume Postel à Paris, qui introduisit l’arabe au Collège royal aux côtés du latin, du grec et de l’hébreu, jusqu’au célèbre orientaliste Silvestre de Sacy au XIXe siècle, contribuèrent à la publication de dictionnaires, traductions et catalogues de manuscrits, monnaies, médailles ou antiques. Auguste Pécoul, qui se montra particulièrement généreux pour les musées et la bibliothèque d’Aix-en-Provence, appartient à cette famille de savants « sédentaires » et érudits.

D’autres, au contraire, firent l’expérience du voyage, comme le botaniste Joseph Pitton de Tournefort, le grand orientaliste de Provence Jean-Michel Venture de Paradis, mais aussi le médecin Clot-Bey ou l’architecte Pascal Coste. Ils ont produit des corpus de savoirs, sous forme de travaux linguistiques, mais aussi scientifiques, ou encore de carnets de voyages ou de planches de dessins propices à la diffusion auprès du plus grand nombre. Leurs connaissances ont été acquises par l’expérience du terrain.

Tous nous ont transmis un héritage scientifique et confié des collections qui donnent, à travers l’histoire, une représentation des paysages, des peuples et des cultures de Méditerranée. Ces éléments du patrimoine nous rendent cet Orient forcément plus proche, et restent à portée de regard dans nos musées et bibliothèques.

C’est à cette redécouverte que l’exposition vous convie. Le parcours invite à comprendre comment une discipline savante comme l’orientalisme s’est construite à partir du XVIIe siècle, et quel fut l’apport spécifique des orientalistes de Provence, dont l’identité historique est étroitement liée à la Méditerranée.