Amédée Jaubert

 
 

Aix-en-Provence, 1779 – Gillevoisin, près de Paris, 1847
Un diplomate et savant

Pierre-Amédée Jaubert (Wikisource)
Pierre-Amédée Jaubert (Wikisource)

Fils aîné d’un avocat au Parlement de Provence, il apprit le turc, l’arabe et le persan comme élève de Jean-Michel Venture de Paradis et Silvestre de Sacy à l’École des langues orientales vivantes à Paris, puis devint « jeune de langues » à Constantinople et débuta ainsi une carrière diplomatique.

Il participa à l’expédition d’Égypte (1798-1801) comme l’un des quatre interprètes adjoints à Venture de Paradis, qu’il remplaça à sa mort comme premier interprète de Napoléon Bonaparte. En 1805, il fut envoyé en Perse pour établir une alliance contre l’Angleterre et la Russie. Les négociations furent menées à bien et la cour de Perse lui offrit un grand portrait du shah ainsi que divers manuscrits persans qu’il déposa à la Bibliothèque impériale à Paris.
Après Waterloo (1815), il revint incognito à Paris et se rapprocha du monarchiste Guillaume Louis Ternaux, avec qui il conclut un accord pour l’importation en France de chèvres et moutons mérinos de Méditerranée orientale. En 1819, les animaux débarquèrent à Marseille et Toulon. Ce succès permit à Amédée Jaubert de reprendre ses fonctions comme secrétaire-interprète pour les langues orientales au ministère des Affaires étrangères.

Jaubert publia de nombreux travaux, dont une grammaire turque et la première traduction française complète de l’œuvre du géographe al-Idrīsī (XIIe siècle), dont il avait découvert un manuscrit. Président de la Société asiatique, Jaubert fut chargé de l’inspection de la typographie orientale à l’Imprimerie royale ; président de l’École des langues orientales vivantes, il fut également professeur de langue et de littérature persanes au Collège de France, héritier du Collège royal.