L’intérêt pour l’Orient dans le Midi de la France au XIXe siècle

 
 

L’intérêt pour l’Orient musulman s’est développé en Europe à la fin du XVIIIe siècle, et plus nettement encore au cours du premier tiers du XIXe siècle. Il a donné une coloration particulière au mouvement romantique et s’inscrit dans le mouvement européen de « Renaissance orientale ». En témoignent non seulement la publication du Divan occidental-oriental de Goethe et celle des Orientales de Victor Hugo, mais aussi la fondation en 1822 à Paris de la Société asiatique, qui rassemble les savants s’intéressant « à l’histoire, à la philosophie, aux sciences, à la littérature et aux langues des peuples orientaux ».

L’histoire de l’orientalisme en France durant la seconde moitié du XIXe siècle est marquée par la personnalité écrasante d’Ernest Renan, qui avait soutenu une thèse consacrée au philosophe musulman Averroès et qui participa à la redécouverte des sites de la civilisation phénicienne.

Pour les Méridionaux, l’Orient prend une signification particulière qui tient à sa proximité relative et aux constants échanges. L’orientalisme romantique méridional se nourrit aussi d’un imaginaire médiéval, qui rappelle l’ancienne présence musulmane dans la province de Narbonnaise et dans le massif des Maures, éléments constitutifs d’un discours régionaliste qui s’oppose à la centralisation parisienne.

C’est sans doute dans une perspective un peu différente qu’a été constituée la collection de manuscrits qu’Auguste Pécoul a donnée à la bibliothèque Méjanes. En rassemblant des textes juifs, chrétiens et musulmans, on peut considérer qu’il participe, avec une perspective catholique, à un mouvement plus général d’intérêt pour l’histoire comparée des religions.