Les usages du texte coranique : exégèse, droit et pratiques magiques

 
 

La connaissance du Coran en Occident

Grâce à leurs voyages et à leurs relations, les Européens ont acquis des manuscrits coraniques. Leurs efforts ont surtout porté, au XVIIe siècle, sur la traduction du Coran. En parallèle, des tentatives d’édition de la version arabe du Coran ont vu le jour à la toute fin du XVIIe siècle.

Sciences coraniques

La science majeure d’étude du Coran est son exégèse : les explications par la linguistique arabe (sens des mots, construction grammaticale) jouent un rôle primordial, à côté de la tradition orale. L’importance de l’exégèse ne réside pas tant directement en elle-même que dans l’usage que les ulamâ (docteurs) en font, lorsqu’il s’agit d’établir des points de droit musulman.

La sunna ou les traditions prophétiques

Le recueil des traditions liées à la vie du prophète Mahomet s’est fait progressivement, nécessitant un travail important de recherche de témoignages. Leur mise en forme a posé deux séries de questions. Dans la mesure où il s’agit de récits (hadîth) rapportés par toutes sortes de gens, à des époques différentes, l’interrogation première a porté sur la fiabilité des témoignages et donc des témoins eux-mêmes. La tradition s’est penchée sur ce point et a tenté de classer les hadîth selon leur degré de fiabilité ou de crédibilité. Les mieux classés sont qualifiés d’« authentiques », les moins fiables de « faibles », voire d’« apocryphes ».

Les obligations religieuses ou le droit musulman (fiqh)

L’expression « droit musulman » peut paraître restrictive du point de vue d’un esprit européen. Il vaudrait mieux parler d’obligations religieuses qui s’étendent aux différents domaines de la vie en société. Appelée fiqh, cette science est détaillée dans des ouvrages construits à la fois à partir du Coran, de la sunna mais aussi de raisonnements et du consensus entre docteurs. Les ouvrages de fiqh sont en général divisés en deux parties, l’une relative aux obligations du culte musulman (prière, ablutions, jeûne, aumône, pèlerinage…) et l’autre relative aux « échanges », incluant tous les aspects du commerce, de l’alimentation ou du statut de la famille (mariage, filiation, divorce, héritage).

Les pratiques magiques et divinatoires

Les manuscrits, opuscules et objets en rapport avec la théorie ou la pratique de la magie et de la divination ont très tôt éveillé la curiosité des « orientalistes ».
Pour tout musulman, la magie, au sens général, représente une réalité attestée par la révélation coranique. Héritages de l’Antiquité hellénistique, la divination et la magie par l’astrologie, ainsi que l’usage de l’alchimie, sont pratiqués à la période islamique et jusqu’à nos jours.