Joseph Héliodore Garcin de Tassy

 
 

Marseille, 1794 – Paris, 1878
Un linguiste, ethnologue et historien de l’islam en Asie du Sud

Garcin de Tassy (BMVR Marseille, 28142)
Garcin de Tassy (BMVR Marseille, 28142)

Garcin de Tassy apprit l’« arabe vulgaire », auprès de deux égyptiens coptes qui séjournaient à Marseille. Il poursuivit son apprentissage des langues orientales à Paris, avec le persan et le turc, auprès de l’érudit Silvestre de Sacy. Il se consacra à l’étude de l’hindoustani, langue véhiculaire de l’Inde du Nord (connue alors sous le nom d’ourdou), dont il pressentit l’importance littéraire et qu’il apprit en autodidacte. Il est le premier à occuper la chaire d’hindoustani à l’École spéciale des langues orientales vivantes.

Linguiste, philologue, traducteur, pédagogue, son œuvre ne compte pas moins de cent cinquante-cinq titres. On apprécie aujourd’hui encore l’analyse qu’il a faite de textes auxquels il a eu accès grâce à un réseau efficace de correspondants et de savants musulmans vivant en Angleterre et en Inde, qui compense le fait qu’il ne soit jamais allé en Inde.

Les travaux que Garcin de Tassy, ethnologue et historien de l’islam en Asie du Sud, consacre à l’islam représentent le résultat le plus achevé de sa formation linguistique pluridisciplinaire. Catholique pratiquant, il s’intéresse à l’islam dans ses aspects conceptuels et théoriques, comme dans ses pratiques populaires confrontées aux enseignements du Coran, avec une ouverture d’esprit peu commune à son époque : son approche ethnographique est originale.

Sa bibliothèque, qui comptait presque trois mille volumes, dont deux cents manuscrits hindoustanis, sanscrits, persans, arabes, turcs qui lui servirent à établir des éditions critiques et des traductions en français, fut vendue aux enchères ; plus de trois cents ouvrages, dont une cinquantaine de manuscrits, furent ensuite donnés à la ville de Marseille.